2.3 litres au 100 km, silencieuse, légère et peu polluante - C’est possible avec la technologie d’aujourd’hui! Imaginez rouler 2000 km sans faire le plein. Imaginez aussi une voiture qui rejette 2x moins de CO2, et 10x moins d’autres polluants. Imaginez une voiture silencieuse, et légère. Science fiction ? Non. Toute la technologie existe aujourd’hui, mais aucun constructeur ne veut s’y lancer, car cela demande une refonte complète de l’automobile, chose jugée trop risquée économiquement.
Nos voitures actuelles ont un faible rendement énergétique. Non seulement le moteur a un rendement de seulement 30%, mais en plus l’énergie mécanique produite est mal utilisée: seulement 60% arrive aux roues, le reste est perdu dans les frottements mécaniques (moteur, boîte à vitesse, entraînement) et dans un régime inefficace pour le moteur. Finalement, un 12% supplémentaire est perdu dans le freinage. En conclusion, le 15% seulement de l’énergie contenue dans le carburant est utilisé pour faire avancer le véhicule (utilisation : 10% pour vaincre la résistance de l’air et 5% perdus en frottements par les pneus). Ce calcul ne tient pas compte de la cinétique du véhicule à la montée, dont l’énergie n’est actuellement pas récupérées dans la descente. 
En comparaison, la voiture électrique a un bien meilleur rendement, car les pertes mécaniques sont insignifiantes et elle peut récupérer une partie de l’énergie cinétique du véhicule au freinage ou en descente. Le 90% de l’énergie est utilisé pour faire avancer le véhicule, ce qui est 6x meilleur qu’une voiture thermique. Par contre, aucune solution satisfaisante n’existe encore pour stocker suffisamment d’électricité. Le jour où ce sera le cas, la voiture électrique prendra le dessus.
Une solution intermédiaire existe : techniquement mûre, elle ne demande qu’à être commercialisée. C’est la voiture hybride. Pas une pseudo-hybride comme la Prius (qui est, rappelons-le, une voiture normale sur laquelle on a installé un moteur électrique en parallèle au moteur thermique). Non, une véritable hybride, qui est une voiture électrique dans laquelle l’électricité est stockée sous forme fossile (essence, diesel, gaz), et générée par un moteur thermique, c’est-à -dire une génératrice.  Et voici les avantages : tout d’abord, légèreté, car plus de moteur pesant, plus de boîte à vitesse ni transmission. A la place, deux petits moteurs électriques logés directement dans les roues motrices, et une génératrice avec alternateur. Entre deux, une batterie tampon et de l’électronique de commande. Le moteur thermique peut être considérablement allégé car il tourne à régime constant. Le gain de poids total, de l’ordre de 50% pour tout l’équipement de motorisation, permet un allègement de tout le véhicule. Ensuite, haut rendement, faible pollution et silence. Le moteur thermique fonctionne toujours dans son régime optimal (rendement : 35 à 40%), où tout le carburant est brûlé. Résultat, peu de polluants (facteur 10 à 50), ce qui permet de se passer de catalyseur. En utilisant un moteur Stirling, extrêmement silencieux, économe et très peu polluant, la génératrice ferait le bruit d’un frigo. Finalement, pertes mécaniques très faibles, et récupération de l’énergie lors du freinage ou en descente, qui permet de recharger la batterie. Combinés à un aérodynamisme mieux étudié, un allègement du véhicule et une puissance diminuée des moteurs, ces avantages conduisent à un gain de plus de 50% en consommation de carburant, sans pour autant réduire le confort, le volume habitable ou la sécurité. De 5 litres au 100, nous passons à 2.3 litres.  Le tableau ci-dessus compare les contributions de consommation pour une voiture conventionnelle et une vraie hybride: 2.3 litres/100 sur autoroute, et 2.35 litres/100 en ville, contre 4.4 et 6 litres, respectivement. Une réduction par deux en moyenne!  Mais alors, si cette solution est si géniale, pourquoi personne ne l’a encore commercialisée ? La raison vient de la culture industrielle de l’automobile, qui a construit son empire sur une grande fiabilité rendue possible par un très faible niveau d’innovation d’une génération de véhicule à une autre. Passer à la voiture hybride reviendrait à changer d’un coup plus de la moitié des composants de base de la voiture. Terrifiant pour les constructeurs. Et pourtant, seul ceux qui oseront ce grand saut survivront. Les allemands y réfléchissent sérieusement. Les américains seront peut-être obligés pour ne pas complètement disparaitre. Espérons que le changement réclamé par les consommateurs survienne rapidement. Ce serait le comble que les constructeurs d’autos, si machos au demeurant, n’aient pas de couilles sur ce coup-là .  |